Don Quichotte

18 mars 2007

Film d'Orson Welles

Don Quichotte entraîne son écuyer Sancho à la recherche des chimères qu'il veut offrir à son aimée Dulcinée. De nouveau dans l'Espagne des années soixante du XXème siècle, la silhouette extravagante de l'hidalgo telle qu'elle avait été créée par Cervantès, accompagné à contrecœur par Sancho, parcourt le territoire espagnol sans but fixe, et sans victoire, en proie au mépris et aux jets de pierres. Ils se trouvent toutefois dans une Espagne effrayée et vide dans laquelle le peuple ne se livre qu'à des simulations, une lueur de gaieté : San Fermín, les fêtes des maures et des chrétiens, les processions...

            La production se déroule de 1955-1973, et le tournage en Espagne, Italie et Mexique se réalise sporadiquement de 1957 à 1976. En 1986 une quarantaine de minutes de rushes sont présentés par la Cinémathèque française, puis, six ans plus tard, Jésus Franco présente un montage qui est durement critiqué mais qui, depuis l'édition DVD fait référence.

Orson Welles avait l'habitude de l'appeler "Il mio bambino" : son bébé. Quel qu'il fut, enfant bien aimé ou jouet favori, Welles ne pouvait jamais arriver à décider qu'il en avait fini avec lui pour de bon. Aussi tard qu'en juin 1985, quatre mois avant sa mort, il téléphonait à Mauro Bonanni (son monteur) l'invitant à Los Angeles pour qu'il puisse encore s'amuser au montage. Don Quichotte s'est métamorphosé avec les ans.

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            « J'ai commencé par en faire un programme de télévision d'une demi-heure, j'avais juste assez d'argent pour le faire ; mais je suis tombé si éperdument amoureux de mon sujet que je l'ai agrandi au fur et à mesure et que j'ai continué de le tourner en fonction de mes rentrées d'argent. On peut dire qu'il a grandi à mesure que je le faisais. Il m'est arrivé plus ou moins, vous le savez, ce qui est arrivé à Cervantès qui commença par une nouvelle et finit par écrire Don Quichotte. C'est un sujet que l'on ne peut plus lâcher une fois qu'on a commencé ».

            Le film est constitué de trois niveaux distincts : l'existence de Don Quichotte et de Sancho Pança comme héros mythologiques ; l'Espagne et le monde contemporain ; Welles et son film par rapport à ces deux autres niveaux. Il y a à la fois, le mythique - "c'est très stylisé, beaucoup plus que tout ce que j'avais fait auparavant ; stylisé au point de vue des cadrages, de l'emploi des objectifs, un reportage improvisé sur le mythe mais également Orson Welles intervenant en tant que tel comme il l'avait fait dans ses programmes de télévision ou dans ses autres essais.

            Les héros de Cervantès y apparaissent sous quatre aspects déférents : en tant que figures intemporelles en marche dans un paysage ; les aventures directement reprises directement de Cervantès : la lute contre les moulins à vent, les moutons ; les pèlerins ensorcelés par les magiciens ou la vision de la dame : la sortie de Don quichotte dans le monde contemporain, au-delà de son renoncement et de sa mort chez Cervantès et en tant que figure présente et éternelle : Don quichotte est le chevalier de la lune, ce pourquoi il devait s'y rendre.

            Bien avant Terry Gilliam (Cf. le documentaire Lost in la Mancha), Orson Welles s’était déjà cassé les dents sur l’adaptation du chef d’œuvre de Cervantès. Vingt-cinq années de tournage pour un film inachevé longtemps considéré comme perdu, avant que les bobines ne soient retrouvées et finalement montées en 1992 par Jess Franco (réalisateur des Prédateurs de la nuit, avec Brigitte Lahaie !) et Patxi Irigoyen, sept ans après la mort de Welles. Fameuse arlésienne, rêve de cinéphile, ce Don Quichotte démontre l’importance que prendrait par la suite le montage dans l’œuvre de Welles : au fur et à mesure, le cinéaste se révélait de moins en moins intéressé par le tournage de ses films, estimant que ceux-ci se construisaient réellement sur la table de montage. Accumulation de rushes sans réelle cohérence, le film apparaît comme un magma d’une rare laideur, que le cinéaste aurait sans doute dynamité par la suite – comme il l’avait fait pour Othello. Le journaliste espagnol Juan Cobos, qui avait assisté à une projection du film monté par Welles lui-même, s’accorde d’ailleurs à dire que le film que l’on connaît aujourd’hui est bien différent de celui voulu par le cinéaste.
            Selon l’aveu même du cinéaste, Don Quichotte n’est pas resté inachevé pour cause de manque de moyens. Ce film apparaissait pour Welles comme une sorte de Work in progress, un « exercice privé » réalisé au fil des ans de façon indépendante, sans obligation, sans contrainte de temps. Alternance sans rythme et sans génie de plans (très) larges et de plans courts, utilisant à foison les contre-plongées afin d’inscrire son personnage principal dans la verticale, Don Quichotte se révèle, en l’état, un sombre ratage qui n’a que peu de valeur autre qu’historique. De nombreuses scènes, conservées à l’état de rushes par des collectionneurs européens, n’ont d’ailleurs pas pu être intégrées au film. Que reste t-il ? Principalement la façon dont le film s’inscrit malgré tout dans l’œuvre du cinéaste, à travers un nouveau personnage marginal, rejeté, démiurgique, finalement proche de son Charles Foster Kane ou surtout de son Arkadin. Au final, si ce DVD, ressorti dans la collection Les Films de ma vie, apparaît comme nécessaire pour mieux appréhender l’œuvre du cinéaste, le film en lui-même se révèle bien anecdotique.

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LOST IN LA MANCHA

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Lost in la mancha dévoile les coulisses d'un film inachevé, intitulé L'Homme qui tua Don Quichotte. Pendant plusieurs semaines, Keith Fulton et Louis Pepe ont suivi le réalisateur Terry Gilliam dans son combat désespéré pour sauver un projet qu'il développait depuis plus de dix ans

Un "making-of" singulier

L'homme qui tua Don Quichotte n'est évidemment pas le premier film inachevé de l'histoire du cinéma, mais la présence de témoins pour filmer le désastre qui a accompagné ses cinq uniques journées de tournage confère à Lost in la mancha un statut particulier. Abordant de manière inédite la dure réalité de la réalisation d’un film, cet "un-making of" (ou "non-making of" selon l'expression même des auteurs) est ainsi un documentaire réellement exceptionnel qui a par ailleurs bénéficié pour sa diffusion de l'accord de tous les participants du film, alors même que la plupart n'étaient pas forcément filmés sous leur meilleur jour, les crises de nerf et prises de bec ayant évidemment été légion.

Don Quichotte de la malchance

Jean Rochefort grimaçant de douleur en montant à cheval, un assistant courant après les caisses contenant la caméra, emportées par un torrent, ou bien encore le producteur René Cleitman annonçant prématurément à l'équipe la fin du tournage, telles sont les images de Lost in la mancha, making of révélant par le menu comment un film particulièrement attendu a pâti d'une succession de malchances invraisemblables pour finalement s'autodétruire avant même d'avoir pu exister. 

Un angle inédit

Pour accompagner le tournage du nouveau film de Terry Gilliam, les réalisateurs ont choisi de traiter de sujets inédits, comme par exemple la tension des réunions organisées pour débloquer le budget du film. Des images qui à la manière du Huit et demi de Federico Fellini montrent une cacophonie sans nom dans les bureaux de production, des séances de répétitions réduites au strict minimum sans aucun acteur pour se présenter, et au milieu de ce tumulte, le réalisateur malgré tout confiant et résolument optimiste, passant en revue les armures et les pantins gigantesques.

Montage Autopsie

Après l'annonce de la fin du tournage de L'Homme qui tua Don Quichotte, les réalisateurs Keith Fulton et Louis Pepe ont passé un an en post-production avec dans leurs malles plus de 80 heures de rushs. Un montage en forme d'"autopsie" selon les auteurs, mais qui, de l'aveu même de Terry Gilliam a permis à son film d'exister. "Grâce à eux, précise le cinéaste, il existe au moins une trace du tournage et des images qui pourraient encourager des investisseurs à se manifester, (...) grâce à Keith et louis, Don Quichotte n'est pas tout à fait mort". 

Combler le vide

Confrontés au problème de qualifier un film qui ne verra peut-être jamais le jour, les réalisateurs ont décidé d'intégrer au documentaire les story-boards du film de Terry Gilliam, d'organiser des lectures de scénario et d'insérer également les quelques scènes filmées à l'occasion des cinq journées qu'ont finalement duré le tournage. Ils ont par ailleurs conçu une animation originale pour raconter la fable de Miguel de Cervantès et retracer la carrière de Terry Gilliam.

Dans leurs propres rôles

L'une des principales difficultés pour Terry Gilliam a été de jongler dès le départ avec le planning extrêmement serré des principaux acteurs, tous liés par d'autres engagements après le tournage de Don Quichotte. Le documentaire fait ainsi se succéder dans leurs propres rôles Johnny Depp, particulièrement motivé par le projet de Gilliam qu'il retrouve cinq ans après Las Vegas Parano, Jean Rochefort crispé de douleur sur son cheval et rapatrié à Paris pour une double hernie discale et Vanessa Paradis qui apparaît fugitivement pour de rapides essais lumières. 

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400 ans de l'oeuvre

Les cinq continents célèbrent l'anniversaire du noble chevalier

LES 400 ANS DE DON QUICHOTTE


400 ans après la publication de 'Don Quichotte', une dizaine de villes seront le théâtre de diverses manifestations évoquant les aventures du chevalier 'au grand coeur'.

Des villes comme Alcala de Henares (Madrid), Dallas, Mexico, Paris, Bruxelles, Oran ou Saint-Pétersbourg abriteront des expositions, congrès, débats, concerts, pièces de théâtre ou concours commémorant la publication de 'Don Quichotte', le roman de Miguel de Cervantès (1547-1616) qui a été "mis sur le marché" le 16 janvier 1605. Pour cet anniversaire, le budget des manifestations organisées par la commission spéciale de commémoration, lancée par le gouvernement espagnol, s'élève à 30 millions d'euros. Lors d'une conférence de presse, Carmen Calvo, le ministre de la culture espagnole, a indiqué que les célébrations de Don Quichotte constitueront "une extraordinaire opportunité de compréhension entre les peuples", et "un magnifique alibi pour renforcer la coopération avec l'Amérique latine". L'Espagne honore son valeureux chevalier et rend hommage à son auteur quatre siècles après l'écriture du manuscrit qui a, par ailleurs, fait partie du palmarès des "100 meilleurs livres de tous les temps" des Cercles Norvégiens du Livre.


Don Quichotte de la Mancha

Le senior Quichotte est un Hidalgo (un petit noble au bas de la hiérarchie) obsédé par les histoires des chevaliers errants. Il reprend les principes de la confrérie : vivre d’aventures, au gré des circonstances, sans jamais se soucier de la nourriture ni du gîte.

Ses amis et sa famille le prennent pour un illuminé mais rien ne l'arrête : il revêt une vieille armure, un casque sans visière et prend la route pour sauver la veuve et l'orphelin en hommage à sa dulcinée de Toboso que le héros a plus ou moins aperçue. Le nouveau chevalier se baptise Don Quichotte de la Mancha, sa région d'origine, et part vers des contrées inconnues, accompagné de son écuyer servant, Sancho Pança, et d'un vieux cheval appelé Rossinanté. Au fil de sa traversée, il rencontre différents personnages. Ces derniers ont un point commun : ils prennent tous l'hidalgo pour un vieux fou. Don Quichotte croit que les auberges ordinaires sont des châteaux enchantés, les filles de paysans de belles princesses et les moulins des tyrans géants envoyés par de méchants magiciens.

Le premier best-seller de l'édition

Le premier exemplaire de Don Quichotte est sorti des presses de l'imprimerie madrilène de Juan de la Cuesta le 20 décembre 1604. Ce récit considéré comme le roman fondateur de la littérature occidentale moderne, connut tout de suite un succès public. Les lecteurs ont très vite adopté ce personnage pittoresque, symbole de la drôlerie et de l’anecdote. Quand l’individu improvise sa vie au gré des fantaisies du jour, Don Quichotte transforme son environnement, aveuglé par cet idéal qui l'obsède et qui le transporte dans un monde imaginaire, comme dans un rêve d'enfant. Au-delà de cette belle histoire et sous couvert de la farce, Don Quichotte permet surtout à l’auteur d'affirmer des vérités sociologiquesà une époque de grande sévérité religieuse et de rigidité sociale.

Hommage au chevalier errant

La première exposition à l'étranger se tiendra à Bologne lors de la 'Foire du livre pour enfants', du 13 au 16 avril 2005. Suivra une exposition intitulée 'Les tapis du Quichotte', du 8 au 15 septembre 2005 à Dallas, qui présentera une collection de tapis illustrant les paysages les plus connus du roman de Cervantès. L'exposition itinérante "Quatre cents ans de Don Quichotte à travers le monde" regroupant des peintures, dessins, gravures, publicités, passera par les centres culturels espagnols dans le monde entier et les foires internationales du livre. Traduit dans toutes les langues, l'hidalgo est un mythe avec ses films et ses pièces de théâtre (il a même sa définition dans le dictionnaire). 400 ans plus tard, le vieux bonhomme continue d'errer au gré du vent et devient Don Quichotte 'del mundo'.

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Biographie de Cervantès

Miguel de Cervantès, écrivain espagnol

(Alcalá de Henares, 1547 - Madrid, 1616)
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             Le père de Cervantès était un modeste chirurgien, à la tête d'une famille nombreuse. Sa famille se déplaça souvent, en particulier entre Valladolid et Madrid, les deux lieux de pouvoir de l'époque. Cervantès fit des études auprès d'un maître, disciple d'érasme, avant de partir à Rome avec le cardinal Acquaviva.

L'année suivante (1570), après avoir obtenu confirmation de ses titres de noblesse, Cervantès s'engagea comme soldat dans les troupes pontificales commandées par Colonna pour lutter contre les turcs. Il retrouva son frère Rodrigue parmi les troupes espagnoles. à ce titre, il participa à la bataille de Lépante (1571), sous le commandement de don Juan d'Autriche. Il y fut blessé par deux balles à la poitrine et un coup dans le bras qui lui fit perdre en partie l'usage de la main gauche. Suivirent plusieurs autres opérations navales auxquelles les deux frères prirent part côte à côte. En 1575, avec l'autorisation de Don Juan, ils prenaient la voie du retour lorsqu'un pirate s'empara de leur galère devant Marseille et les fit prisonniers au nom du roi d'Alger. Miguel passa cinq ans de captivité dans un bagne avant d'être racheté par Juan Gil (1580).

            De retour en Espagne, Cervantès abandonna le métier des armes. Il se maria avec Catherine de Salazar, et se mit surtout à écrire, notamment des comédies où il faisait référence à son expérience de soldat et de bagnard. En 1585, il publia son premier roman, La Galatée, une oeuvre pastorale qui connut un certain succès à partir de 1587, il prit un poste dans le gouvernement militaire en Andalousie, bien qu'il eut aimé partir aux Indes.

            Le changement de siècle ne fut pas très rose pour Cervantès. Son poste lui  valut la prison pour mauvaise comptabilité. Il apprit plus tard la mort de son frère Rodrigue, son compagnon de combat et de bagne, à la bataille des Dunes dans les Flandres (1600), alors que les moeurs relachées de ses soeurs lui causaient des ennuis en justice.

Début 1605, il publia la première partie de El Ingenioso Hidalgo don Quijote de la Mancha. Le succès fut immédiat, non seulement parmi les lecteurs privilégiés mais aussi dans le reste de la population grâce au théatre. Le roman forme le mythe désormais célèbre du personnage perdu hors de son temps, l'idéaliste jeté au bas de son rêve, le fanatique de l'esprit de la chevalerie et de l'amour courtois perdu dans l'enfer moral de la Renaissance. En quelques années, les traductions vont propager l'enthousiasme espagnol dans les autres pays d'Europe.

cervantesEn 1613, nouveau succès avec les Nouvelles exemplaires dédié à son protecteur, le comte de Lemos, vice-roi de Naples. Il y fit une nouvelle référence au bagne d'Alger. On y trouve aussi des allusions à sa vie amoureuse. Un long poème satyrique, Voyage au Parnasse, publié l'année suivante permet de saisir l'atmosphère littéraire de l'époque. En 1615, Cervantès fait imprimer ses meilleures comédies (Numanchia, Huit Comédies et «entremeses», ainsi que la suite et la fin de Don Quichotte. Il mourut le 23 avril 1616 (Le 23 avril est aussi la date de la mort de Shakespeare, mort pourtant 10 jours après, en raison du décalage des calendriers grégorien et julien, ce dernier étant encore en vigueur dans l'Angleterre anglicane de cette époque). Il abandonnait un manuscrit inachevé, Travaux de Persilès et Sigismond, un vrai roman de chevalerie, genre pourtant ridiculisé dans Don Quichotte, qu'il voulait dans la lignée de Histoire éthiopique de Théagène et Chariclée, une oeuvre très appréciée à l'époque.


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Introduction

Introduction

           Cervantès (1547-1616) est un écrivain espagnol qui semble incarner le génie littéraire de l’Espagne. Mais il a mené une existence médiocre (quelconque) jalonnée de difficultés et d’espoirs déçus.

           Don Quichotte est l’un de ses romans de chevalerie qui reste son œuvre majeure. Cette œuvre est constituée de deux parties publiées respectivement en 1605 et 1615 sous le titre El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha.

Figure emblématique de la littérature espagnole, don Quichotte a rapidement atteint le statut de mythe dans l’univers des lettres. Le roman de Cervantès a marqué un tournant dans l’histoire littéraire et a été immédiatement lu, traduit et diffusé.

            Comment Don Quichotte est il passé du roman au mythe ? Nous nous efforcerons d’y répondre le plus justement possible.

            Dans un premier temps nous présenterons l’œuvre de Cervantès dans son contexte puis nous analyserons les protagonistes du roman et pour finir nous verrons en quoi il est devenu un mythe.

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A. Le roman a. présentation de l'oeuvre

Don Quichotte, œuvre éponyme, est l’histoire d’un gentilhomme dont le véritable nom est Alonso Quichano. C’est un hidalgo, un noble, qui est obsédé par les livres de chevaleries. Ses amis et sa famille pensent qu’il est fou quand il décide de devenir lui-même un chevalier errant et de parcourir l’Espagne sur son cheval Rossinante en combattant le mal et en protégeant les opprimés.  L’intrigue relate les voyages et les aventures de Don Quichotte,  et de son fidèle écuyer Sancho Pança. Il en  sort souvent éreinté mais jamais abattu. Naïf, bercé par les illusions qu’il a lues, il réinvente le Monde et vit reclus dans ses rêves. Il luttera contre des moutons, se battra contre des moulins. Il est raillé de tous mais continue jusqu’au bout sa recherche de la justice et de sa Dulcinée.

Don Quichotte est considéré comme le 1er roman en rupture avec les traditions médiévales. Les nombreux personnages délivrent  une étude  sociologique de l’Espagne dans le Siècle d’or. Don Quichotte est aujourd’hui considéré comme un chef d’œuvre et c’est l’un des livres les plus lus dans le Monde. Cervantès a finalement créé le Don Quichotte, Le rêveur idéaliste et absurde.

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b. contexte historique: le siècle d'or d'Espagne

La monarchie espagnole rayonne dans l’Europe entière par la puissance de ses armées. Par l’étendue de ses possessions (de Manille à Barcelone, de Madrid à Mexico) elle atteint une dimension inégalée. Ses métaux précieux inondent le continent alors que ses chefs d’œuvre bouleversent la création artistique avec Don Juan, Don Quichotte ou le Cid. Cervantès a connu 3 règnes : Charles Quint (1517-1556), Philippe II (1556-1596) et Philipe III (1598-1621). L Espagne qui, pendant un siècle a été la première puissance européenne, amorce à la fin du 16ème une longue période de décadence. Même si Don Quichotte n’est pas un roman réaliste dans le sens où il ne peint pas exactement la société historique de son époque, il en présente des évènements et évoque, avec beaucoup de précisions une image de la société espagnole ce qui permet à l’auteur de rendre ses personnages proches des lecteurs. On retrouve les modes de vie et la mentalité de diverses catégories sociales d’une société fortement hiérarchisée (paysans- nobles- Eglise et Justice).

Considéré par beaucoup comme la plus grande œuvre rédigée en langue espagnole, ce roman, tout comme le monde dans lequel vit son auteur, Miguel de Cervantès, est à la frontière du Moyen âge et de l'époque moderne.

Don Quichotte est à la fois un roman médiéval - un roman de chevalerie - et un roman de l'époque moderne alors naissante. Il faut savoir que les romans de chevalerie connurent un immense succès au 16ème siècle. Leur modèle espagnol fut Amadis de Gaule (1508) et Tirante Blanco (1511).

Le livre est une parodie des mœurs médiévales et de l'idéal chevaleresque et une critique des structures sociales d'une société espagnole rigide et vécue comme absurde. Don Quichotte est un repère important de l'histoire littéraire.

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c. contexte littéraire: succès, réception, diffusion et Influence

Don Quichotte a connu un succès universel. L'influence de Don Quichotte s'étend bien au-delà des frontières de l'Espagne: chaque période de la culture européenne semble avoir voulu en donner sa propre interprétation: chaque pays y trouve un modèle pour inventer de nouveaux types de récits. En ce qui concerne sa réception en Espagne, Don Quichotte a été réimprimé à cinq reprises en 1605, preuve de son succès. Don Quichotte a été traduit dans à peu près toutes les langues et même en espéranto. On le traduit en Français en 1614 par l'interprète du Roi (César Oudin). La Seconde Partie a été traduite par Philippe de Rosset quatre ans plus tard.

Le succès de Don Quichotte a entraîné le développement de l'écriture des romans picaresques aux XVIIième et XVIIIième siècles.

(Déf.) Le Roman picaresque présente un récit d'aventures et de mésaventures d'un héros inexpérimenté, aux prises avec un monde livré à la misère la plus noire, miséreux lui-même.

Le modèle picaresque date du siècle d'Or espagnol. L'oeuvre considérée comme le premier roman picaresque est la vie de Lazarillo de Tormes (1554).

Cependant  Don Quichotte  n'est pas un roman picaresque du fait que son héros est un gentilhomme espagnol et appartient à la classe noble de la société.

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B. Les 2 protagonistes a.Don Quichotte et ses valeurs

Don Quichotte, le Chevalier à la triste figure, a une âme simple, candide et généreuse. Il veut imposer à un Monde devenu laid, son idéal d’amour, d’honneur, de justice et de paix. La folie de don Quichotte est due apparemment, à son imagination. Il crée,à partir de ses lectures, un monde imaginaire qu’il développe par imitation et dans lequel il prétend vivre. Il se lance dans l’univers poétique que son imagination installe dans la réalité et ne peut s’empêcher d’accorder aux êtres et aux choses, une confiance totale qui résiste aux moqueries et aux coups. En effet Don Quichotte n’a pas peur du ridicule, et est capable de penser, vivre et mourir pour ce qu’il croit, non pas pour la vérité mais pour le plus juste et le meilleur. IL ne fait de mal à personne sauf à lui-même et c’est un homme seul car plus libéré et plus conscient que les autres. Il est libre, fidèle, seul mais on redoute son courage et son impétuosité car il ne fuit jamais, il a une volonté capable de dominer un destin et de tirer de l’espoir d’une situation désespérée. Ayant abandonné la lecture de ses romans de chevalerie, il va retrouver la raison et fait preuve alors d’une grande sagesse, avant de mourir certes toujours un peu « fou » mais entouré de l’affection et de l’admiration des siens.

Don Quichotte tente de faire correspondre la réalité qui l’environne avec celle des romans de chevalerie qu’il a lu. Il se révèle comme un être à part, allant à contre courrant non seulement par sa recherche de l’esprit, de l’univers de la chevalerie, mais aussi par sa conception de la conduite des personnes à travers un code de l’honneur qui n’existe plus au moment de l’action. C’est ce code qui génère en lui, une opposition entre ce qu’il doit être et ce qu’il veut être.  Il y a une différence concernant Don quichotte dans les deux volumes : dans le premier les personnages voyant son innocence et ses rêves se moquent spontanément de lui, dans le second il devient un objet de mensonge mais pas une seule fois au cours de l’œuvre, il n’agira en homme en homme malhonnête.

Il se veut chevalier hors la réalité est tout autre certes il le devient mais son nouveau statut débouche sur une caricature du chevalier

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b.Sancho Pança et ses valeurs

Il représente la paysannerie espagnol. Sancho Panca est donc un paysan, voisin de Don Quichotte, il devient son écuyer. Sancho, dont la principale occupation est, comme son nom l’indique, de se remplir la panse, estime que son maître souffre de visions, mais il se conforme à sa conception du monde, et entreprend, avec son maître, de parcourir l’Espagne, à la recherche d’aventures, tel les chevaliers du Moyen âge.

Rude, élémentaire, de basse extraction, imprudent, vulgaire, goinfre, mais fidèle à son seigneur. C’est l’image qu’on a de lui au premier abord, mais on découvre petit à petit que sa psychologie est plus profonde, bien qu’il termine en étant contaminé par la parole et la mentalité de son maître.

Aussi bien le héros que son serviteur subissent des changements complexes et des évolutions pendant le déroulement du récit. Peu à peu Sancho Panca opère une métamorphose, et du lourd paysan qu’il était, il se transforme en un être plus éduqué, suscitant même par sa clairvoyance et la finesse de son jugement l’étonnement du peuple qu’il administre lorsqu’il est nommé gouverneur d’une île par le Duc et la Duchesse (volume 2, chap. 55).

Il n’est pas possible de parler du Chevalier à la triste figure, sans faire référence à son fidèle serviteur Sancho panca. La célèbre œuvre littéraire espagnole est certes connue universellement par son personnage central et éponyme, Don Quichotte, mais celui-ci ne serait pas un personnage complet s’il n’était accompagné dans ses aventures de son cher Sancho panca.

Participant à tous ses exploits, Sancho essaye de raisonner Don Quichotte. Sancho est sensé, posé, modérateur et-en un sens- il protège son maître.

Les deux personnages se complètent : car ces deux personnages, apparemment inconciliables, profondément contradictoires, cèdent le pas devant le mystérieux attrait d’un idéal de beauté qui, même s’il ne triomphe pas, survit aux déceptions, et donnent un constant démenti à l’affligeante réalité.

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